07 octobre 2009
Rebiya Kadeer, la pasionaria des Ouïgours
Le Figaro.fr // Laure Mandeville, correspondante à Washington
04/09/2009 |

Rebiya Kadeer s'est rendue mardi au Parlement
européen de Bruxelles témoigner que la répression chinoise à Urumqi «dure
jusqu'à aujourd'hui». Crédits photo :
AFP
PORTRAIT - Devenue la bête noire de Pékin, qui l'accuse d'avoir encouragé la révolte de la communauté turcophone et musulmane du Xinjiang, la dissidente vit en exil aux États-Unis. Invitée mardi de la commission des droits de l'Homme du Parlement européen, elle s'est dite prête à «discuter avec les autorités chinoises des moyens de surmonter» soixante ans d' «erreurs politiques»

Quand Rebiya Kadeer pénètre dans ses bureaux situés à deux pas du Congrès, corps gracile vêtu d'un tailleur de soie bleu sombre, longues tresses grises lui battant la taille, on pourrait avoir, au premier regard, une impression de fragilité. Mais dès qu'elle se met à parler de sa voix rauque et chaude, en faisant tournoyer ses mains dans l'air comme pour dessiner ses paroles, on comprend vite que cette femme de 62 ans, aux yeux aussi noirs que vifs et au sourire désarmant, est une force de la nature. Une femme de tête, décidée à mettre toutes ses forces au service de la cause ouïgoure, cette minorité turcophone et musulmane du nord de la Chine, réprimée par Pékin depuis près de soixante ans. «Je sais que je suis la bête noire des autorités chinoises et qu'ils feront tout pour me discréditer. Mais je ne me tairai jamais. Je raconterai au monde la vérité sur ce que Pékin fait subir à mon peuple, aussi longtemps que je respirerai», lance cette pasionaria en exil qui a quitté son pays en 2005.
Depuis les affrontements sanglants de juillet dernier entre la minorité ouïgoure et les populations hans du Xinjiang, puis la répression violente orchestrée par le pouvoir chinois, Rebiya Kadeer, jusqu'ici inconnue, a été montrée du doigt par Pékin, qui l'a accusée d'avoir organisé la révolte de l'extérieur. Riant de cette «absurdité», elle a pris son bâton de pèlerin pour alerter l'Occident sur les malheurs de son peuple et dénoncer «les mensonges de la propagande chinoise officielle». Devenant un peu à la cause ouïgoure ce que le dalaï-lama est à la cause du Tibet, l'autre «ennemi public» d'une Chine obsédée par le spectre de rébellions séparatistes.
Bercée par les chants patriotiques
Au mois d'août, Rebiya Kadeer a effectué une tournée à travers l'Asie. Elle était mardi devant la Commission des droits de l'homme du Parlement européen à Bruxelles, pour y témoigner. Ce n'est pas tâche facile, car «la realpolitik domine les relations de la Chine avec le monde et notamment l'Occident» pour des raisons économiques évidentes, reconnaît-elle. La dissidente dit ne pas avoir eu de contacts avec la Maison-Blanche jusqu'ici, mais être très soutenue au Département d'État et au Congrès. Les États-Unis sont intervenus pour demander la protection de sa famille restée en Chine, qu'elle juge en danger. Elle raconte aussi que les autorités s'en prennent maintenant au centre commercial qu'elle a créé en Chine… «Mais je n'ai pas peur d'eux», affirme-t-elle.
Aussi longtemps que remontent ses souvenirs, Rebiya dit avoir vu son peuple souffrir. Après l'euphorie suscitée par l'autonomie donnée en 1949 par le jeune pouvoir communiste chinois, les Ouïgours ont très vite été pris dans une vague de répressions et expulsés de leurs maisons, où se sont installés des paysans chinois acheminés d'ailleurs. «Jamais je ne me suis perçue comme une citoyenne chinoise. Mes parents me disaient que nous étions occupés. J'ai été bercée de poèmes chantant des héros patriotiques prêts à défendre leur peuple. Cela explique en partie mon combat d'aujourd'hui.»
Sa vie, très mouvementée, a elle aussi trempé ses convictions. Pendant la Révolution culturelle, Rebiya est purgée comme ennemie de classe «capitaliste» pour avoir ouvert un commerce de vêtements. À sa sortie de prison, elle profite du relatif apaisement politique des années 1970-1980 pour se relancer dans le commerce. L'effondrement de l'URSS lui ouvre les portes du marché transfrontalier russe. Cette mère de 11 enfants devient multimillionnaire. Fidèle à son identité, elle va tenter d'user de son influence pour améliorer la condition des Ouïgours, dont «les leaders intellectuels et religieux sont perpétuellement réprimés et sous pression». «Nous réclamions le droit de pratiquer notre religion et de parler notre langue, rien de plus», assure-t-elle.
«L'extrêmiste ouïgoure la plus radicale, c'est moi!»
Mais en 1997, une nouvelle répression s'abat sur le Xinjiang, après des manifestations destinées à faire libérer des leaders religieux accusés par Pékin d'appartenir à l'islam radical. Kadeer dénonce publiquement cette politique ; elle est jetée en prison pour «divulgation de secrets d'États» pendant quatre ans, dont deux dans l'isolement le plus total. Relâchée en 2004, elle est expulsée vers les États-Unis pendant une visite de Condoleezza Rice en Chine. «Il n'y a pas d'extrémistes islamistes chez nous. La plus radicale, c'est moi !», dit-elle rieuse, persuadée que l'étiquette de «terroristes islamistes vise à discréditer les Ouïgours en Occident».
Rebiya Kadeer parle des dix années de terreur et de poursuites systématiques qui ont suivi 1997. Les disparitions inexpliquées, les arrestations et les procès sans avocats. «Cette décennie a rempli les gens de colère et en juillet, tout a explosé». Elle explique que les événements d'Urumqi ont commencé après un grave incident survenu au Guangdong, une province où «près 100 ouvriers ouïgours» auraient péri selon elle, après des attaques de voyous chinois chauffés à blanc par la police. Les autorités officielles ne reconnaissent que deux morts. Alertés par Internet, les Ouïgours du Xinjiang auraient alors décidé de descendre dans la rue avec des drapeaux chinois «pour protester». «Leurs intentions étaient pacifiques, mais leur colère s'est reportée sur les Chinois innocents», raconte Rebiya Kadeer, soudain en pleurs, «triste pour toutes les victimes». Elle souligne que 25 000 militaires avaient été acheminés dans la province pour une répression qui «dure jusqu'à aujourd'hui». «Les tortures, les éliminations continuent, mais personne ne parle car les gens ont peur». «Le pouvoir a toujours encouragé la tension interethnique pour mieux justifier la répression contre les Ouïgours», constate Rebiya persuadée que le but de ces répressions récurrentes est «d'éradiquer à petit feu notre peuple». On croirait entendre les Tchétchènes parler du géant russe. «Sauf que nous n'avons jamais pris les armes», répond Rebiya Kadeer, qui dit vouloir «la paix et l'autodétermination».
21 juillet 2009
soutenez Dhondup Wangchen
URGENT : soutenez Dhondup Wangchen le réalisateur de "Leaving Fear Behind.
Voici en Français la demande de soutien à Dhondup Wangchen
Amnesty International a lancé une "Action Urgente" en faveur du jeune tibétain Dhondup Wangchen emprisonné depuis mars 2008 et qui doit bientôt être jugé.
Cette action urgente vous invite à participer à la campagne internationale de soutien en écrivant une lettre aux autorités chinoises compétentes. Dhondup Wangchèn a réalisé le documentaire Leaving Fear Behind ("Jigdrèl" en tibétain, que nous avons projeté au Conseil Régional Midi-Pyrénées le 4 novembre 2008 (voir également la page consacrée au vernissage de l'exposition) où des Tibétains donnent leur avis sur les Jeux Olympiques de Beijing et sur la situation au Tibet. Les cassettes vidéos du film ont été sorties et placées en sécurité à l'extérieur du pays. Depuis le mois d'août 2008, le film a été visionné dans plus de trente pays et traduit dans plusieurs langues (téléchargez gratuitement la version française sur notre site).
La santé de Dhondup Wangchen est particulièrement alarmante. La torture et les mauvais traitements en détention sont fréquentes dans les prisons chinoises. D'après de récentes informations, Dhondup souffre d'hépatite B et ne reçoit aucun traitement. De plus, l'avocat désigné par sa famille s'est vu refusé tout contact avec Dhondup Wangchèn et Beijing lui a fortement conseillé d'abandonner la défense de son client. Il est à craindre qu'il ne subisse une lourde peine, et c'est pourquoi cette campagne internationale de soutien est lancée.
Nous vous remercions de prendre connaissance et de participer à l'action menée par Amnesty International.
Merci de votre soutien.
Dhondup Wangchen doit avoir un procès équitable
Dhondup Wangchen, un réalisateur tibétain, est en attente de son procès pour incitatio au séparatisme dans la ville de Xining, la capitale de la province du Qinghai à l'ouest de la Chine. Les autorités ont obligé son avocat à cesser de le défendre, ce qui fait craindre un procès tronqué d'avance. Dhondup Wangchèn est un prisonnier de conscience, détenu parce qu'il a utilisé sa liberté d'expression de manière pacifique.
Dhondup Wangchèn est emprisonné depuis le 26 mars 2008. Il est maintenant au centre de détention n°1 de Xining. Il a été torturé et a subit des mauvais traitements pendant les interrogatoires de 2008. Il souffre maintenant d'hépatite B et ne reçoit aucun médicament. Jusqu'au mois d'avril 2009, sa famille n'avait reçu aucune notification officielle sur le lieu et les raisons de sa détention.
Début 20099, sa famille a désigné deux avocats pour le défendre mais la police a empêché tous contacts entre Dhondup et ses avocats sous prétexte que son cas relève du secret d'état. Ils n'ont pu le rencontrer qu'une fois au mois d'avril.
Le 13 juillet, s'appuyant sur une nouvelle réglementation qui indique que seuls les avocats établis dans la province où ont eu lieu les faits incriminés sont autorisés à plaider, les autorités de Beijing ont demandé à ses avocats (qui sont établis à Beijing) d'abandonner sa défense. Toute violation de cette nouvelle règlementation entraine la révocation de la licence d'avocat. Cependant, il n'existe pas de telles limites imposés aux avocats dans la loi chinoise. Seukls quelques avocats en RPC prennent le risque de représenter les victimes des violations des droits de l'Homme. Récemùment six avocats ont vu leur droit d'exercer supprimé, et au moins quatorze autres sont dans l'attente d'une probable suspension.
Vous pouvez aider :
Ecrivez immédiatement en mandarin ou dans votre propre langue aux autorités chinoises afin :
- que Dhondup Wangchèn soit immédiatement libéré et sans conditions puisqu'il a été arrêté simplement pour avoir excercé sa liberté d'expression de manière non-violente.
- de demander qu'il soit bien traité tout au long de sa détention, qu'il ne soit pas torturé, qu'il puisse avoir accès à sa famille, à une assistance légale de son choix, à un traitement médical nécessaire.
- de s'assurer que son procès soit en accord avec les règles internationales.
- que soit menée une enquête rapide et impartiale pour établir si Dhondup Wangchèn a été torturé et a subi des mauvais traitements, et que soit traduit en justice les responsables de tels actes.
Minister of Justice of the People's Republic of China
WU Aiying Buzhang
Sifabu
10 Chaoyangmen Nandajie
Chaoyangqu
Beijingshi 100020
People's Republic of China
Fax: +86 10 65292345
Email: pfmaster@legalinfo.gov.cn
Salutation: Dear Minister
Prime Minister of the People's Republic of China
WEN Jiabao Guojia Zongli
The State Council General Office
2 Fuyoujie
Xichengqu
Beijingshi 100017
People's Republic of China
Fax: +86 10 65961109 (c/o Ministry of Foreign Affairs)
Salutation: Your Excellency
Vous pouvez également contacter les autorités diplomatiques de votre pays.
Vous pouvez également soutenir sa famille financièrement en contactant le site officiel http://www.leavingfearbehind.com
Merci de faire circuler cette information
17 juillet 2009
Appel à la manifestation à Paris le 18/07/2009
SOS Ouïghours: Appel à la manifestation à Paris le 18/07/2009 L'Association des Ouïghours de France va lancer une deuxième manifestation à Paris à la Place de la République, samedi le 18 juillet 2009 à 12h00. L’ensemble de la communauté ouïghoure à Paris va se réunir, encore une fois, pour montrer leur solidarité avec les ouïghours du monde entier et leurs colères contre les injustices et politique discriminatoire de Pékin. Venez nombreux avec vos proches et vos amis pour soutenir et dire "CHINE: STOP AU MASSACRE DU PEUPLE OUÏGHOUR!". L'heure : 12h00 Date : Le 18 Juillet 2009 Lieu de rassemblement : Place dela Repbublique (Métro: lignes 3, 5, 8, 9, 11; République) Iténéraire : Place dela Repbublique -- > Boulevard Voltaire --> Place de la Nation Lieu final : Place de la Nation Association des Ouïghours de France http://www.ouighour.fr email : sos.ouighour@gmail.com
08 juillet 2009
MANIFESTATION EN FAVEUR DU PEUPLE OUIGHOUR
PARIS, 8 juillet : MANIFESTATION EN FAVEUR DU PEUPLE OUÏGHOUR
PARVIS DES DROITS DE
L'HOMME
PLACE DU TROCADERO
de 14 h à 16h
puis
MUR DE LA PAIX
de 16h30
à 18h
SOLIDARITÉ ENTRE LES PEUPLES !
DROITS DE L'HOMME ET LIBERTÉ POUR TOUS-TES !
07 juillet 2009
Xinjiang: 156 morts dans la pire flambée de violence depuis des décennies
Libération.fr // Dépêches // 06/07/2009 à 21h29
Turkestan oriental
Xinjiang: 156 morts dans la pire flambée de violence depuis des décennies
La flambée de violence d'Urumqi évoque d'ailleurs les
émeutes de Lhassa, la capitale régionale du Tibet, où, le 14 mars 2008, des
émeutiers tibétains avaient attaqué des Hans et leurs commerces, tuant, selon
les autorités chinoises, 18 civils et un policier. (© AFP photo AFP)
URUMQI, Chine (AFP) - Pékin a annoncé lundi qu'au moins 156 personnes avaient été tuées et plus de 800 autres blessées dimanche dans des émeutes ethniques à Urumqi, capitale régionale du Xinjiang majoritairement peuplé de musulmans, les plus meurtrières en Chine depuis des décennies.
Au lendemain de ces violences gravissimes orchestrées, selon Pékin, par la dissidence ouïghoure en exil, les autorités ont renforcé la sécurité dans la région autonome, située dans l'extrême nord-ouest chinois, aux confins de l'Asie centrale. Des centaines de personnes ont été arrêtées.
Urumqi s'est embrasée dimanche soir quand des milliers d'émeutiers sont descendus dans les rues et ont attaqué des Hans, ethnie majoritaire en Chine, selon les témoignages d'habitants.
La télévision chinoise a montré lundi des blessés couverts de sang, des carcasses de véhicules incendiés et des foules jetant des pierres sur les forces de l'ordre ou retournant des voitures de police. Mais des groupes exilés ouïghours ont affirmé que les forces de l'ordre avaient tiré sur des manifestants pacifiques.
Ces violences ont fait 140 morts et 828 blessés, selon un bilan officiel qui pourrait s'alourdir encore et ne précise pas l'ethnie des victimes. Le Xinjiang, peuplé notamment de 8,3 millions de Ouïghours, des musulmans turcophones, est régulièrement la proie de troubles séparatistes.
Des habitants dénoncent aussi la répression politique et religieuse menée selon eux par la Chine, sous couvert de lutte antiterrorisme, et s'insurgent contre la sinisation de leur terre.
"Le Xinjiang prendra les mesures les plus fortes pour empêcher la situation de s'étendre à d'autres régions et pour préserver la stabilité", a dit lundi Nur Bekri, le président de région, dans un discours musclé.
"Les forces de sécurité et la police armée doivent renforcer leur contrôle sur Urumqi et la poursuite des éléments criminels, et traiter fermement et résolument les nouveaux actes de destruction", a-t-il ajouté.
Cette vaste région aride constitue l'une des deux zones, avec le Tibet, où Pékin redoute particulièrement l'instabilité. La flambée de violence d'Urumqi évoque d'ailleurs les émeutes de Lhassa, la capitale régionale du Tibet, où, le 14 mars 2008, des émeutiers tibétains avaient attaqué des Hans et leurs commerces, tuant, selon les autorités chinoises, 18 civils et un policier.
Mais au contraire de Lhassa, le calme est vite revenu à Urumqi, où la présence des forces de l'ordre était massive lundi, selon l'un des journalistes de l'AFP sur place.
Urumqi, commerces fermés, était une ville morte, où le couvre-feu devait être imposé en soirée. Près du grand marché, des forces de l'ordre casquées, munies de boucliers et de matraques, stationnaient à chaque coin de rue, a constaté l'AFP. Des véhicules patrouillaient les rues bordées de bon nombre d'échoppes closes. "Les boutiquiers ont peur", a expliqué une propriétaire de bar han.
L'internet a été interrompu et les communications mobiles également, ont indiqué des résidents. Le renforcement de la sécurité avait gagné jusqu'à l'extrême ouest de la région. Joint par téléphone, un commerçant de Kashgar a signalé une présence policière inédite.
A Urumqi, des centaines de personnes ont été arrêtées, dont "plus de dix personnalités-clef qui ont attisé les troubles", a indiqué la Sécurité publique.
Le gouvernement régional a accusé le Congrès mondial ouïghour, dirigé par la dissidente en exil Rebiya Kadeer, d'avoir excité ses sympathisants à la violence par des appels sur l'internet.
Interrogé sur ses troubles, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a estimé que "tous les différends, qu'ils soient à l'intérieur (d'un pays) ou au niveau international, doivent se résoudre pacifiquement par le dialogue".
La Grande-Bretagne s'est dite "préoccupée" et a appelé "chaque camp à la retenue" pour que "les problèmes soient réglés par le dialogue".
14 juin 2009
Une ONG chinoise remet en cause la version officielle sur la révolte tibétaine de 2008
Lemonde.fr Shanghaï (Chine), Correspondant
Plus d'un an après les manifestations qui ont secoué Lhassa en mars 2008, une organisation non gouvernementale (ONG) chinoise ose prendre à revers la thèse officielle et simpliste sur les événements, en publiant les résultats d'une enquête d'un mois sur le terrain, dans la province du Gansu, près de Xiahe et Hezuo, ainsi qu'au Tibet même, à Lhassa et Haidong.
Rédigé par quatre chercheurs pour le compte de l'ONG Gongmeng (ou Open ConstitutionInitiative), un tel rapport, qui soulève des questions taboues en Chine, aurait difficilement pu voir le jour s'il n'avait pas été le fait deChinois Hans (population majoritaire en Chine), oeuvrant sous couvert de recherches universitaires.Gongmeng, fondée en 2003, n'est autre que la plate-forme des "avocats des droits de l'homme". Plusieurs de ses membres ont par ailleurs entrepris ces derniers mois de défendre des Tibétains accusés de divers crimes suite aux troubles de 2008, non sans s'exposer au harcèlement policier.
Intitulé "Rapport d'enquête sur les causes sociales et économiques de l'incident du 14 mars dans les zones tibétaines" - ce jour-là, ont eu lieu au Tibet les plus importantes manifestations depuis celles de 1989 à Lhassa -, le texte d'une quarantaine de pages annonce très vite la couleur : au-delà des prétendus "facteurs externes" qui ont contribué à échauffer les esprits au Tibet en 2008, les auteurs notent combien ils ont ressenti, sur place, "le mécontentement populaire et la colère qui se cachaient derrière les incidents, et la complexité de leurs causes sociales".
Il serait vain, expliquent-ils en substance, de faire l'économie d'un débat "autour des causes historiques de ces contradictions", des "questions de sentiment religieux et d'identité ethnique"ainsi que de "la réalité profonde des problèmes de conflits d'intérêts" au coeur de ce mécontentement. Ils s'en prennent ouvertement à la "surexposition de la violence du 14 mars par la propagande" à travers les médias, qui n'a conduit qu'à "attiser les rancoeurs entre Hans et Tibétains".
En s'intéressant à l'entreprise de modernisation du Tibet par le gouvernement chinois, l'enquête révèle les limites des politiques de "développement rapide" lancées dans les années 1990, qui ont en réalité "créé les bases d'une marginalisation accrue" des Tibétains. Ce sont "les nouveaux venus, les Non-Tibétains, qui sont les premiers à bénéficier (de la) stratégie de chances pour tous" à Lhassa et ailleurs, soulignent les auteurs.
Surtout, "une nouvelle aristocratie" s'est substituée à l'ancienne. A la tête de "ressources sociales complexes", elle est "plus puissante que l'ancienne aristocratie" et a adopté des "pratiques rentières". Son pouvoir provient "d'une source de légitimité externe", le gouvernement central, ce qui accroît l'aliénation de la population. Le prétexte du "maintien de la stabilité", les"accusations de séparatisme", ou "de forces étrangères" masquent comme "un cache-sexe les erreurs de gestion (des dirigeants locaux) justifiant la répression du mécontentement populaire", lit-on. L'extrême indigence des politiques culturelles et éducatives en langage tibétain a contribué, constatent les auteurs, à créer une jeunesse tibétaine désoeuvrée et ignorante de sa propre histoire culturelle.
Enfin, le rapport considère que le "bouddhisme tibétain", qui "est à la base du système et de la culture traditionnelle tibétaine, non seulement ne devrait pas être considéré comme un obstacle à la modernisation mais plutôt comme une base sur laquelle il faut compter pour la promouvoir".
L'enquête de Gongmeng est bienvenue dans le contexte d'omerta qui règne autour de la question tibétaine en Chine : de source chinoise et indépendante, elle confirme et nourrit la plupart des problèmes exposés par les ONG tibétaines en exil.
Accessible en ligne, sa diffusion reste toutefois confidentielle - aucun média chinois n'en a encore fait l'écho. Mais elle a tout lieu de ne pas passer inaperçu à Pékin. "Le but est de proposer des idées constructives au gouvernement. Il est indispensable d'avoir des voix plurielles lors d'un événement aussi complexe que celui du 14 mars", confie, à Pékin, Zhang Boshu, professeur à l'Académie des sciences sociales. Proche de Gongmeng, il est l'auteur, en 2008, d'un texte corrosif sur le rôle historique du Parti communiste du Tibet.
"Le problème du Tibet est avant tout une question des droits de l'homme. Mais ce n'est pas que cela. Les violations des droits de l'homme sont un effet, et non une cause. La cause du problème du Tibet, c'est un système dictatorial irrationnel", y écrit-il.
02 juin 2009
Chine : incidents à Nankin entre étudiants et police dans la nuit de lundi 18 mai à Mardi
Des milliers d’étudiants se sont affrontés à la police dans le sud de la ville chinoise de Nanjing, après que des agents administratifs aient brutalisé quelques étudiants qui vendaient de menus objets devant l’entrée de l’université aéronautique de Nankin (une pratique assez courante de marchés informels de nuit permettant à des étudiants de survivre et de poursuivre des études très coûteuses).
L’incident a eu lieu le lundi soir, dans une période délicate pour le gouvernement chinois puisque dans très peu de jour, le 4 juin, ce sera le 20e anniversaire des événements de Tianamen. L’intervention des agents de la ville a conduit à un blocage de la rue par une manifestation de milliers d’étudiants de l’université. S’en sont suivis des affrontements avec la police anti-émeute qui se sont poursuivis jusqu’au mardi matin et ont fait une trentaine de blessés.
Il faut savoir que les griefs des étudiants contre l’administration de la ville se sont multipliés par l’intervention de plus en plus agressive des agents municipaux. Progressivement le nombre d’étudiants qui protestaient a augmenté, des banderoles sont apparues et ce sont finalement plusieurs milliers de personnes qui se sont affronté à la police anti-émeute.
Les photographies publiées sur Internet et publié dans le South China Morning Post (Hong Kong) montrent des manifestants tenant des pancartes en anglais et en chinois, avec le slogan « Non-violence et la non-coopération », inspiré par le mouvement des droits civils des États-Unis .
Sachant à quel point les étudiants sont sensibilisés à l’approche de l’anniversaire de Tianamen, des membres du gouvernement de la province sont arrivés à l’université, le mardi, pour s’assurer que les protestations seraient étouffées dans l’œuf et qu’il n’y aurait pas d’autres manifestation. Les alentours de l’université sont désormais gardés par la police anti-émeute.
Il s’agissait du deuxième incident lié à l’agitation estudiantine en moins de dix jours en Chine.
Le 7 Mai, en effet, des centaines d’étudiants à l’Université de Zhejiang ont organisé une manifestation sur les routes de Hangzhou après la mort d’un de leur camarade renversé par une voiture en excès de vitesse. L’incident, peu politique à priori, montre quand même une situation tendue dans un contexte de crise économique et sociale fragilisant considérablement le quotidien des étudiants (frais divers, coût de la vie, chômage, etc.)
D’après China Worker, le centre d’info pour les droits de l’homme (Hong Kong), et divers.
sources : OCL , indymedia lille , et Courrier international
ÉTUDIANTS POUR UN TIBET LIBRE EXPRIME SA SOLIDARITÉ AVEC LES ÉTUDIANTS CHINOIS EN LUTTE !
DROITS DE L'HOMME ET LIBERTÉ POUR TOUS-TES ! DÉMOCRATIE EN CHINE !
08 avril 2009
URGENT : Empêchons l’exécution de Tibétains !
La Justice chinoise vient de condamner 4 tibétains à mort et 1 à la prison à perpétuité pour leur participation aux protestations en 2008 : Lobsang Gyaltsen et Loyak, sont menacés d’exécution immédiate. Phuntsok and Kangtsuk, ont été condamnés à mort avec un sursit de deux ans, tandis que Dawa Sangpo est condamné à la prison à vie.
Ces condamnations ont lieu dans un climat particulièrement répressif, et une escalade alarmante dans la campagne du gouvernement chinois intitulée frapper fort, visant à intimider les tibétains luttant pour leur liberté.
L’organisation internationale Students for a Free Tibet lance une action urgente visant à empêcher l’exécution de ces peines et la libération des prisonniers : Take Action : China : Stop the Executions!
Traduction du texte de la pétition : China : Stop the Executions!
Comme nous avons pu empêcher l’éxécution de Tenzin Delek Rinpotche il y a quelques années, mobilisons-nous pour empêcher la plus terrible des répressions s’abattre sur ces Tibétains
28 mars 2009
Rassemblement du 28 mars à marseille
Si le monde n'a pas ete au rendez-vous, l'esprit du defile sur la Canebiere, grace aux mages musiciens, a donne in
extremis une bonne visibilite de la manif et une bonne receptivite du public.
Sans se formaliser sur la mobilisation reduite, les elus et les delegues du Modem se sont dits impressionnes,
nous prenant pour des "barjos" dans le bon sens du terme. Plus serieusement ensuite, en comprenant l'evolution
de la situation, ils ont espere que nous ne perdrions pas confiance dans l'Europe. Si notre message est bien passe,
nous leur avons dit que la balle etait dans leur camp, ainsi dans celui des autres deputes et candidats.
Bref, nous tirerons rapidement le bilan (positif/negatif) du 28 mars, pour envisager le cas echeant une nouvelle action
courant mai (entre la derniere
session du PE et les elections de juin).
22 mars 2009
Vidéos !
Youtube censurant certaines vidéos à cause de leur bande son ^^
j'ai créé un blog sur spotblog pour y mettre les vidéos bannies.
n'hésitez pas à y jeter un coup d'oeil, à laisser vos impressions
http://www.etlvideo.blogspot.com/
voilà !
à bientôt !
Guillaume



